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Auto-édition - le bilan sans filtre: 1 an, 20 000 € et 323 livres vendus

9 oct.
9 min de lecture

Cet article est le transcript et les ressources de l'épisode 74 du podcast Slow Marketing. 🎧 Voici le lien pour écouter l'épisode !  📮 Abonne-toi à la Newsletter pour ne rien louper des prochains épisodes !



Un an après la sortie du livre Slow Marketing, il est temps de faire le bilan, sans filtre, sans version enjolivée, et surtout pas le truc qu'on vous sert sur LinkedIn.


Dans cet épisode solo, je partage les vrais chiffres, les vraies galères, et le vrai projet qui en est né : offrir 100 exemplaires à 100 bibliothèques en France et en Belgique.


Dans cet épisode, tu vas découvrir :

  • Les chiffres réels du projet livre : coût, ventes, rentabilité

  • Pourquoi j'ai eu honte, et comment j'ai changé de mindset

  • Le sujet sur lequel j'ai vraiment échoué : la distribution

  • Pourquoi les bibliothèques sont le modèle Slow Marketing à l'état pur

  • Comment participer au projet 100 livres pour 100 bibliothèques


🦖


Les ressources




Le transcript


Introduction

Aujourd'hui, on parle des un an du livre Slow Marketing. Un projet qui m'a pris 14 mois de ma vie, qui m'a coûté 20 000 euros, plus ou moins, et dont j'ai vendu 322 exemplaires. Enfin non, 323, parce que j'ai fait une vente aujourd'hui. Dit comme ça, on pourrait penser à un flop. Mais pas du tout. Moi, j'ai envie de parler de fierté et du déclic que j'ai eu grâce à ce projet.


En septembre, le livre Slow Marketing a fêté ses un an et j'avais envie d'en faire un bilan détaillé, sans filtre, sans version enjolivée. Pas le truc qu'on va vous servir sur LinkedIn. Les vrais chiffres, les vraies galères, et le vrai projet qui en est né.


Honnêtement, il y a un an, quand le livre est sorti, j'aurais été incapable d'en parler avec autant de transparence, parce qu'en fait, j'avais extrêmement honte. Honte d'être une entrepreneure qui s'est plantée. Et surtout honte de ne pas avoir atteint mes objectifs. Ça, c'est quelque chose qui a vraiment shifté il y a quelques semaines, quelques mois, à force de réfléchir sur ces un an du livre, à force de voir des gens que j'admire partager leur bilan avec transparence, leurs galères autant que leurs victoires.


C'est exactement ça, la posture Slow Marketing. Ce n'est pas de la communication parfaite, ce n'est pas non plus du personal branding hyper poli. C'est de la transparence, de l'honnêteté, même quand c'est inconfortable. Si tu n'as pas encore écouté l'épisode 11 du podcast, "Communiquer avec transparence sur ses engagements", je te le recommande chaudement.


Partie 1 · Le bilan sans filtre

9 mois d'écriture, 5 mois de relecture

Le livre Slow Marketing, c'est d'abord 9 mois d'écriture, tout mon temps libre, mes week-ends, mes vacances. Un montant en heures que je ne vais même pas commencer à chiffrer, parce que ça rendrait le projet impossible à envisager rationnellement, et ce n'est pas pour ça qu'on fait ce genre de projet.


À ce moment-là, deux chemins s'offraient à moi : prendre quatre mois off complets pour écrire, ou étaler sur le temps long. J'ai choisi la deuxième option, parce que j'avais besoin de temps de réflexion. Je me dédiais des week-ends de quatre, cinq jours à la campagne pour écrire, des semaines entières, des bouts de vacances. Ces temps de focus éparpillés dans l'année m'ont permis d'avancer dans mes réflexions sur chacun des sujets et d'arriver à ces 350 pages du livre Slow Marketing.


Une fois le livre écrit, j'avais envie de dire que le plus dur était fait. Erreur. Il restait 5 mois de relecture. J'ai remis mes dix chapitres à dix experts différents, ce que j'ai appelé le comité de relecture et chacun a retourné ses feedbacks sur son chapitre. J'ai fait aussi énormément d'allers-retours avec mon éditrice, Laureline Dargery, que je remercie au passage.


Ensuite, remise en page par le studio graphique Steppers Studio, qui ont fait un travail de dingue pour créer toute la direction artistique du livre. Et une fois mis en page, nouvelle passe de relecture, c'est souvent là que les coquilles dans les copiers-collés ressortent. Et des surprises aussi : réaliser qu'il y a une coquille dans mon nom de famille dans la préface, à quelques semaines de remettre la version finale.


J'ai eu ensuite énormément d'échanges avec Loire Impressions, qui a imprimé le livre, pour choisir le bon papier, la bonne impression, et arriver à un résultat où l'impact carbone estimé du livre est trois fois moins important que celui d'un livre équivalent sur le marché.



Les chiffres : 20 600 euros investis, 323 exemplaires vendus

J'ai décidé d'imprimer mille livres, pour un coût total du projet de 20 600 euros. Ce coût comprend le travail de l'éditrice, du studio graphique, de Loire Impressions, mais pas l'argent mis dans la promotion, ni mon temps de travail. Tout ça en auto-édition, sans avance d'éditeur, sans filet, tout à ma charge.


Au lancement, j'ai fait une campagne de prévente dans laquelle j'ai vendu 180 livres. J'en ai aussi profité pour faire une campagne de levée de fonds auprès de business angels et de soutiens dans mon entourage. Cette campagne m'a permis de lever plus ou moins 16 000 euros au total, entre préventes et levée annexe. Un beau démarrage, qui m'a permis de combler la trésorerie nécessaire pour payer l'impression et l'équipe avant même de vendre les livres.


Et aujourd'hui, un an après : 323 livres vendus ou offerts. Il m'en reste à peu près 670 livres dans des cartons chez moi, qui me regardent. "Les calculs sont pas bons, Kevin", si vous avez la réf.



Le déclic : quasiment au seuil de rentabilité

Ce qui m'a surprise en faisant ce bilan, c'est le calcul suivant. 16 000 euros levés avant la sortie + 4 000 euros de ventes depuis = 20 000 euros de revenus. Le projet m'a coûté 20 600 euros. On est quasiment au seuil de rentabilité. Quand j'ai fait ce calcul il y a quelques semaines, j'ai failli tomber de ma chaise parce que jusqu'ici, dès que je pensais au livre, j'étais persuadée que c'était un projet non rentable et que je m'étais plantée.


Là, j'ai changé de mindset sur trois points. Premièrement, dans les chiffres, je suis quasiment au seuil de rentabilité, le projet va donc devenir rentable. Deuxièmement, je me rappelle que je ne l'ai pas fait pour gagner de l'argent, mais pour promouvoir un message, une idée, une vision du marketing. Troisièmement (et c'est le déclic de cet été) quand bien même j'aurais perdu 20 000 euros dans l'équation, je suis trop fière d'avoir mené ce projet. D'avoir pris le risque, d'être sortie de ma zone de confort.


En tant que femme entrepreneure, on a tendance à toujours assurer ses arrières, à faire en sorte que tout soit contrôlé de A à Z. Je ressens fortement ce besoin de contrôle dans tous les projets que je mène. Et ce livre, c'est un exemple où on maîtrise rien, on contrôle rien, on fait. Et c'est ça qui compte.



Distribution : le sujet sur lequel j'ai péché

Il me reste plus de 600 livres à vendre, et il y a un sujet sur lequel j'ai vraiment échoué, rien à redire, j'en assume la responsabilité : la distribution. Le livre est référencé nulle part, à part sur mon site. Aucune librairie, aucune autre plateforme en ligne, aucun autre réseau de distribution.


Ce n'est pas que je ne voulais pas qu'il soit distribué. C'est que je n'ai pas su par où commencer. J'ai essayé de déléguer cette tâche, ça n'a pas abouti. Et il y a toujours une question de bande passante, on n'a que 24 heures dans une journée, 7 jours dans une semaine.


C'est une frustration, mais je ne vais pas baisser les bras. Mon objectif : trouver sa distribution d'ici la fin d'année. Si tu as la moindre idée, le moindre contact dans une librairie, n'hésite pas à m'écrire en DM sur LinkedIn, sur Instagram, ou directement par mail à anais@slowmarketing.co.


Les belles retombées

Au-delà des chiffres de ventes, ce qui est chouette, c'est d'avoir pu rencontrer une audience, une communauté autour de Slow Marketing. Les retombées presse et médias ont été nombreuses — j'ai même pu passer à la radio nationale en Belgique et à la télé locale. Le sujet Slow Marketing sort au-delà d'une micro-niche de passionnés, et ça, c'est très satisfaisant.

J'ai également eu beaucoup de prises de parole en public depuis un an — auprès d'étudiants, de professionnels du marketing, d'entrepreneurs. Plus de 300 ou 400 étudiants en l'espace d'un an. Je suis trop fière de ça.



Partie 2 · Le projet 100 bibliothèques

Le déclic : un commentaire sur LinkedIn

Ce déclic est venu d'un échange de commentaires entre deux personnes sur LinkedIn. Une jeune femme avait le livre Slow Marketing et l'a perdu dans le RER, distraite par son téléphone. Et Claire, dans les commentaires, lui répond : "Ah, mais peut-être que tu peux checker dans la bibliothèque à côté de chez toi, et dans ce cas tu pourrais l'emprunter."


Et là, mon déclic. Aujourd'hui, Slow Marketing n'est présent dans aucune bibliothèque, à part la Bibliothèque royale de Belgique, ce qui a l'air classe sur papier, mais qui est une obligation légale quand tu publies un livre en Belgique. À part la KBR, le livre n'est disponible nulle part en bibliothèque, parce que je n'ai pas vraiment pris contact avec elles. C'était dans mes projets de distribution, et ça n'a jamais vu le jour.



Pourquoi les bibliothèques, c'est Slow Marketing à l'état pur

Les bibliothèques sont le modèle Slow Marketing parfait. C'est un modèle focalisé sur l'usage plutôt que la propriété. Un seul exemplaire peut avoir des dizaines, voire des centaines de lecteurs et lectrices, pas de surproduction, pas d'objets qui dorment sur une étagère, pas d'achats impulsifs qu'on regrette après.


C'est exactement le modèle que je défends dans le chapitre 4 du livre, "Réinventer son offre", quand je parle d'économie d'usage. D'ailleurs, on avait fait un épisode sur le sujet: l'épisode 43 avec Luc Teerlink, sur l'économie d'usage chez Decathlon. Le lien est dans les notes.


Pour moi, la bibliothèque, ce n'est vraiment pas un compromis. Si mon livre parle d'un marketing plus sobre, plus soutenable, plus humain, il faut qu'il circule dans des endroits où les idées circulent, pas juste dans les mains de ceux qui peuvent se l'acheter.



100 exemplaires pour 100 bibliothèques : comment participer ?

J'ai décidé, pour les un an du livre Slow Marketing, d'offrir 100 exemplaires à 100 bibliothèques en France et en Belgique. Bibliothèques publiques, bibliothèques universitaires, bibliothèques d'écoles, tiers-lieux, partout où le livre peut rencontrer des gens qui en ont besoin.


Et c'est là que j'ai besoin de toi.

Si tu travailles dans une bibliothèque, remplis le formulaire dans les notes de l'épisode directement.


Si tu fréquentes une bibliothèque, parles-en à l'équipe, partage-leur le formulaire, et dis-leur que j'offre des exemplaires aux bibliothèques.


Si tu connais quelqu'un dans ce milieu, transfère-lui cet épisode ou la newsletter qui a lancé ce projet, le lien est aussi dans les notes.


La date de clôture pour remplir le formulaire, c'est le 12 novembre. Si je reçois plus de 100 propositions: j'en ai déjà une dizaine, merci aux personnes qui ont déjà rempli le formulaire, je veillerai à couvrir un maximum de territoires différents, en France et en Belgique, et à donner la priorité aux lieux où le livre pourra être lu par le plus grand nombre.



Conclusion

Ce projet, 100 livres pour 100 bibliothèques, je le trouve trop chouette. C'est ambitieux, mais je me le donne comme objectif d'ici la fin d'année. Pour moi, il revient vraiment à l'essence de Slow Marketing. Ce n'est pas juste une stratégie pour vendre plus vite ou plus fort, c'est une façon de créer des ponts, des liens, entre des idées et des gens qui en ont besoin.


Si quelqu'un lit ce livre via une bibliothèque, à Rennes, à Liège, à Bordeaux ou dans un tiers-lieu à Montpellier, je serai la plus heureuse possible. Et si ça peut l'aider à changer sa manière de faire du marketing, pour moi c'est amplement suffisant et ça accomplit la mission pour laquelle j'ai écrit ce livre.


Pour résumer : le livre Slow Marketing fête ses un an. J'ai vendu 323 exemplaires sur les mille imprimés. J'ai presque récupéré les 20 000 euros investis. Et c'est pour ça que je me permets aujourd'hui d'offrir gratuitement 100 livres à 100 bibliothèques  parce que l'usage, c'est mieux que la possession, et que les idées méritent de circuler librement.

Et pour finir : si tu es à Bruxelles (ou si tu peux t'y déplacer) le 15 octobre prochain, j'enregistre un épisode de Slow Marketing en public au Fosbury & Sons avec Sarah Ladam, pour clore notre série de cet été sur le courage comme stratégie. C'est une première pour Slow Marketing d'enregistrer en public. Il reste encore quelques places, le lien est dans les notes.


Si tu connais une bibliothèque publique, universitaire, associative, tiers-lieu ou d'école qui pourrait accueillir un exemplaire du livre Slow Marketing, remplis le formulaire ci-dessous et partage-le autour de toi. Et si cet épisode t'a parlé, partage-le à quelqu'un qui a besoin de l'entendre. C'est la meilleure façon de soutenir le podcast.


À très vite, prends soin de toi, et comme toujours, fais du marketing qui te ressemble.


 
 
 

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